L’Instamatic 174 sorti de sa boite. © National Oceanography Centre

Il y a cinquante ans, des appareils photo furent immergés dans les eaux froides du Loch Ness destinés à capturer des images du fameux monstre aquatique qui hanterait ces lieux. Une de ces caméras a été retrouvée.

Loch Ness, le nom de ce lac en Écosse est associé à la légende selon laquelle un fantastique animal marin y aurait élu domicile. Tout le monde a en tête une image en noir et blanc de piètre qualité réalisée en 1934, son auteur ne révélant que soixante ans plus tard qu’il s’agissait en fait d’un canular destiné à faire le buzz. Pour autant, rien là qui n’ai découragé ceux qui croient dur comme fer à la présence d’un fantastique animal au fond des eaux. D’autant que la légende ne date pas d’hier, mais de l’an 565, lorsque Saint Columba, qui a introduit le christianisme en Écosse et dans le nord de l’Angleterre, aurait sauvé un fermier des griffes d’un monstre. Quelques observations suivront au fil du temps s’accélérant au XXe siècle en même temps que le nombre de visiteurs.

En 1916, un garde-chasse signale un énorme animal faisant surface près de son bateau, en 1933, un gérant d’hôtel racontera avoir vu une bête ressemblant à une baleine. Peu de temps après, un couple qui longeait la rive sud du Loch Ness dira avoir vu un animal énorme, comme « un dragon ou un monstre préhistorique », traverser devant leur voiture. Rappelons à cette occasion que l’abus d’alcool est néfaste à la santé. Ces témoignages, rapportés par la presse, attirèrent vite l’attention puis l’affaire devient une sensation internationale avec la fameuse photo de 1934. Aujourd’hui, plus de 1160 observations ont été officiellement enregistrées, car effectivement, il y a même un registre pour ça.

À partir des années soixante des membres de la communauté scientifique commencent à s’intéresser à cette histoire. Une première exploration faite par des chercheurs des universités d’Oxford et de Cambridge déterminera que nombre de ces témoignages correspondent à des sillages de bateaux ou des mirages dus au contraste thermique des eaux du loch. Ainsi, au fil du temps, de nombreuses autres manifestations du monstre à long cou se révéleront être des oiseaux, des ondulations provoquées par le vent, des phoques ou des cerfs nageant dans l’eau, des morceaux de bois, et même des nageurs ! Malgré tout, les recherches se sont poursuivies sans relâche et en 1970, le professeur Roy Mackal, du Bureau d’enquête du Loch Ness et membre de l’Université de Chicago, a l’idée d’immerger six appareils photo Kodak Instamatic 174 munis de cubes flash placés dans des récipients en plastique transparent reliés à un système de déclenchement.

Au fil du temps, la mémoire des emplacements se perdra, mais il y a un an, un des dispositifs a été récupéré accidentellement lors d’essais d’un submersible, une partie de l’amarrage tenant le système de caméra en place ayant été prise par l’hélice du robot. Et surprise, après 55 ans au fond de l’eau, le dispositif, bien que d’une technologie assez sommaire, était toujours en bon état. La pellicule a été développée, mais, attention spoiler, aucune image de Nessie n’est apparue sur les images, pas même le moindre silure ou esturgeon. Mais s’il n’y a pas de monstre caché dans le loch, la légende reste elle bien vivante grâce au très nombreux touristes qui, chaque année, viennent visiter le coin dans l’espoir d’apercevoir enfin ce fabuleux animal, nourrissant ainsi le tourisme local qui s’en porte fort bien.

 

Gilles Courtinat
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