
Michèle Marchand, dite « Mimi », est née le 24 mars 1947 à Vincennes (France). Elle est devenue en quelques décennies l’une des figures les plus influentes et les plus controversées de la presse people française.
Michèle Marchand est une journaliste (Carte de Presse n° 83 490), communicante, intermédiaire, négociatrice de photographies, elle a façonné un système où se croisent célébrités, paparazzis, politiques et médias, jusqu’à devenir une actrice incontournable de la photographie de presse.
Découverte du « milieu »
Elle est la fille unique d’un couple de coiffeurs installés à Vincennes (Val‑de‑Marne). Sa mère, Emma Pavot (1921–2016), aurait été résistante (FFI). Michèle Marchand fugue à 16 ans et se marie avec Bernard Hipeau, dont elle a deux enfants (Christophe Hipeau et Carole Hipeau‑Kohen). Elle travaille dans un équipementier automobile avant de rejoindre des garages parisiens ouverts 24 h/24, lieux de passage où se mêlent policiers, vedettes et figures du banditisme. C’est là qu’elle apprend les codes d’un monde où l’information circule vite, où les alliances se nouent et se dénouent. Dans les années 1980, elle part aux États‑Unis, rénove des maisons, puis monte un commerce automobile exportant des voitures françaises réparées outre‑Atlantique.
La vie de Michèle Marchand est jalonnée de démêlés avec la justice.
En 1986, elle est condamnée à six mois de prison pour faux et chèques sans provision (peine réduite en appel en 1989). Dans les années 1990, elle est placée en détention provisoire pour chèques volés et faux en écriture. En 1998, elle est condamnée à trois ans de prison avec sursis pour avoir transporté 500 kg de cannabis avec son mari, le braqueur Maurice Demagny, rencontré à Fleury‑Mérogis. Ces épisodes ne l’empêchent pas de rebondir ; au contraire, ils nourrissent sa réputation de femme redoutable, capable de naviguer dans les zones grises du pouvoir et de l’information.
Les années boîtes de nuit
À partir de la fin des années 1980 et surtout dans les années 1990, Michèle Marchand prend la direction de plusieurs établissements de nuit parisiens : bars, clubs, lieux LGBTQ+, espaces hybrides où se croisent célébrités, mannequins, journalistes, policiers, artistes et figures du grand banditisme. Les boîtes de nuit sont alors des lieux où se fabrique la rumeur, où se négocient les exclusivités, où se nouent des alliances informelles. « Mimi » y développe un sens aigu de la psychologie, de la négociation et du rapport de force — des compétences qui deviendront sa marque de fabrique dans la presse people.
C’est dans ces lieux qu’elle tisse les réseaux qui lui permettront, quelques années plus tard, d’entrer dans la presse.
L’entrée dans la presse people
En 1996, elle collabore au magazine Voici du groupe Prisma Presse comme « pigiste internalisée ». Elle y devient rapidement indispensable. Son rôle dépasse largement celui d’une simple contributrice : elle crée des dossiers complets sur les célébrités, organise des « paparazzades », négocie des exclusivités de prises de vues. Elle comprend vite que la presse people n’est pas seulement un marché de photos volées, mais un système d’échanges où chacun — stars, paparazzis, rédactions — peut trouver son intérêt. En 1998, après une fausse interview autour de la mort de la princesse Diana, Axel Ganz patron de Prima Presse s’en sépare et elle quitte Voici. Elle fonde alors, rue Daru, en face du magazine, Shadow & Co, société qui continue à alimenter le titre.
Bestimage, l’ascension
En 2007, elle participe au lancement du site web PurePeople, qu’elle revend en 2010 pour 500 000 €.
En 2011, l’agence Bestimage est créée par la société Chouett’Press, gérée par Jean‑François Ablondi, un policier à la retraite. À la création, Michèle Marchand n’apparaît pas, puis elle est représentée par sa fille Carole Hipeau‑Kohen et sa petite‑fille Lola Kohen.
En 2015, elle se marie avec Jean-François Ablondi gérant de la société Chouett’press.
Bestimage devient rapidement l’une des agences les plus puissantes du secteur, approvisionnant en photos people les magazines Paris Match, Gala, Closer, Public, Voici et Le Journal du Dimanche.
La force de « Mimi » réside dans un réseau tentaculaire, une capacité à obtenir des exclusivités et un rôle ambigu de conseillère en image pour certaines personnalités publiques. Elle entretient notamment des relations privilégiées avec Carla Bruni, Nicolas Sarkozy et le couple Macron
2020, les affaires judiciaires
En février 2020 débute l’affaire Le Marchand, concernant une animatrice de télévision pour laquelle « Mimi » aurait empêché la diffusion de photos compromettantes concernant la fille de l’animatrice. En réalité, les photos venaient d’un paparazzi collaborateur de l’agence Bestimage. Le 1ᵉʳ juillet 2025, elle est condamnée à 18 mois de prison avec sursis.
Reste l’affaire Takieddine / Sarkozy (2020–2025), où elle est mise en examen pour subornation de témoin et association de malfaiteurs dans le dossier de la fausse rétractation de Ziad Takieddine. L’affaire est toujours en cours.
En juin 2024, Michèle Marchand et Jean‑François Ablondi, propriétaires de la société Chouett’Press qui gère l’agence Bestimage, cèdent toutes leurs parts à Xavier Niel par l’intermédiaire de Nice‑Matin. Depuis 2025, la société est entièrement détenue par NJJ Media, groupe de Xavier Niel.
Mimi Marchand reste une personnalité clé de l’écosystème médiatique français, toujours active au sein de l’agence Bestimage.
Son parcours raconte une histoire singulière : celle d’une femme venue de nulle part, qui a su s’imposer dans un univers dominé par les hommes et qui a façonné, dans l’ombre, une partie de la vie médiatique française des trente dernières années.
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Dernière révision le 2026/01/04 a 4:21
