Christian Poveda (1955 – 2009)

Christian Gregorio Poveda Ruiz (France, Algérie, Alger, 12 janvier 1955 – Tonacatepeque, Salvador, 2 septembre 2009) est un reporter‑photographe et réalisateur franco‑espagnol. Fils de réfugiés républicains espagnols, il naît en Algérie durant la période précédant l’indépendance. Sa famille quitte le pays en 1961 lors de l’exode des pieds‑noirs. Il débute sa carrière de journaliste à la fin des années 1970 en suivant le Front Polisario à Tindouf (Algérie). Dans les années 1980, il couvre plusieurs conflits majeurs : Iran, Irak, Liban, Chili sous Pinochet, Argentine, Nicaragua, et l’invasion américaine de Grenade. Ses reportages sont publiés dans El País, Le Monde, The New York Times, Newsweek, Paris Match ou Stern. Il est cofondateur des agences de presse L’Atelier et Visions presse image. En 1982, il devient le premier photographe à pénétrer la guérilla salvadorienne, accompagné du journaliste Jean‑Michel Caradec’h (Paris Match). Il en rapporte une série de portraits de guérilleros devenue emblématique. Il vit ensuite longuement au Salvador, où il couvre la guerre civile jusqu’au début des années 1990. À partir de 1990, Poveda se consacre principalement au documentaire. Il réalise notamment :  Les guerriers de l’ombre (TF1 / CBS News, 1986), On ne tue pas que le temps (1996), Voyage au bout de la droite (1998), Revolución o Muerte (1981), et surtout La Vida Loca (2008), long métrage documentaire tourné pendant 16 mois au sein des gangs salvadoriens, en particulier la Mara 18. Le 2 septembre 2009, alors qu’il rentre d’un tournage, Christian Poveda est assassiné de quatre balles dans la tête près de San Salvador. Plusieurs membres de la Mara 18, ainsi qu’un chef de police local, sont arrêtés puis jugés. Son meurtre est interprété comme une conséquence directe de son immersion dans les milieux criminels salvadoriens et de la portée critique de son film.