Lettre recommandée mais ouverte à Madame la Présidente de la Commission paritaire des publications et agences de presse

Madame la Présidente,

Je vous accuse réception de votre lettre recommandée du 22 janvier 2026, (postée le 28 février 28 février 2026, reçu le 2 mars 2026) m’informant que, selon votre commission, « loeildelinfo.fr » ne répondrait pas à la condition d’édition « à titre professionnel » au sens du 3° de l’article 1er du décret n° 2009‑1340 du 29 octobre 2009. Vous fondez cette appréciation sur l’absence d’un salarié et sur un modèle économique que vous jugez « non stable ».

Je tiens à exprimer ma profonde stupéfaction face à ces conclusions, qui reposent sur des prémisses inexactes et une interprétation restrictive du texte réglementaire.

D’abord, au moment où j’ai engagé la procédure d’agrément, la présence d’un salarié n’était nullement exigée. Cette condition n’a été introduite que récemment, dans un contexte de lutte contre les sites automatisés générés par intelligence artificielle. Or L’Œil de l’info n’a strictement rien de commun avec ces plateformes : notre rédaction est composée de journalistes professionnels, expérimentés, identifiés, et dont les parcours sont parfaitement vérifiables.

Notre équipe réunit en effet d’anciens reporters, rédacteurs et rédacteur-en-chef ayant exercé plusieurs décennies dans des médias reconnus par votre commission : Sygma, Gamma, Sipa, Rapho, Le Figaro, Le Monde, Libération, entre autres. Cinq d’entre eux sont détenteurs de la carte d’identité professionnelle à titre honoraire, ce qui atteste de plus de vingt‑cinq années d’exercice continu du métier. Affirmer que notre site ne serait pas « édité à titre professionnel » revient donc à nier la réalité même de leurs carrières et de leur engagement journalistique. Une telle appréciation est non seulement infondée, mais profondément attentatoire à leur honneur professionnel. (Voir les informations légales de L’oeil de l’info)

Ensuite, votre appréciation de notre modèle économique appelle également rectification. Vous semblez considérer que le financement par adhésions et dons serait incompatible avec une activité professionnelle. Or vous omettez un élément essentiel : plusieurs agences de presse reconnues — Abaca, Bestimage, Gamma‑Rapho, Sipa Press, Starface — soutiennent L’Œil de l’info tant financièrement qu’éditorialement. Leur engagement constitue un gage de sérieux et de pérennité que votre commission ne peut ignorer.

Je comprends que votre institution soit confrontée, comme l’ensemble du secteur, aux bouleversements rapides des technologies de l’information. Mais c’est précisément pour cette raison que vos décisions doivent être fondées sur une analyse rigoureuse, actualisée et proportionnée. En exigeant désormais la présence d’un salarié comme critère déterminant, vous prenez le risque de favoriser les structures artificielles capables de se conformer formellement à cette exigence, au détriment de médias réellement indépendants, non automatisés, et respectueux de la déontologie journalistique.

Je vous demande donc de reconsidérer votre position, qui repose sur une appréciation manifestement erronée de notre fonctionnement, de notre équipe de journalistes professionnels retraités et de notre modèle économique.

Veuillez agréer, Madame la Présidente, l’expression de mes salutations distinguées.

Michel Puech
Directeur de la publication

La lettre recommandée de la CPPAP du 20260223

Le site de la Commission paritaire des publications et agences de presse

 

Michel Puech
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