
14 février 2026, Los Angeles, Californie, États-Unis : Un manifestant brandit une pancarte en soutien à Reza Pahlavi lors d’un rassemblement « Liberté pour l’Iran » à Los Angeles, en Californie.<br>Photographie © Ghawam Kouchaki / ZUMA / SIPA
Lorsque Jacques Chirac arrive à Matignon en 1974, il a une obsession : l’indépendance énergétique et le rayonnement industriel français. De l’autre côté, le Shah Mohammad Reza Pahlavi veut transformer l’Iran en une puissance mondiale. Entre les deux hommes, le courant passe immédiatement. Là où le président Giscard d’Estaing peut paraître distant, Chirac, avec son bagout et son pragmatisme, séduit le Shah. Il va permettre à Thierry Boccon Gibod, « staffeur » chez Sipa press de faire un « joli scoop ».
En 1974, la France et l’Iran scellaient un partenariat industriel sans précédent. Au cœur de cette relation : une complicité atypique entre un jeune Premier ministre gaulliste et un souverain en quête de grandeur technologique pour son pays. Retour sur une « lune de miel » géopolitique qui allait marquer durablement l’histoire nucléaire de la France. Le souverain iranien voit en ce Français le partenaire capable de court-circuiter les lenteurs administratives pour bâtir son « Iran moderne ». Chirac, lui, voit en l’Iran le client idéal, doté de pétrodollars infinis et d’une soif insatiable de technologie occidentale. Le coeur de cette relation n’est ni le métro de Téhéran, ni les contrats d’armement, mais bien le projet Eurodif. À l’époque, la France cherche désespérément des capitaux pour financer l’usine d’enrichissement d’uranium du Tricastin. Le deal est audacieux : le Shah, Mohammad Reza Pahlavi (1941-1979) accepte de prêter un milliard de dollars à la France pour construire cette infrastructure colossale. En échange, l’Iran devient actionnaire de l’usine et se voit garantir l’accès à 10 % de la production d’uranium enrichi pour alimenter ses futures centrales civiles. C’est un mariage de raison qui place l’Iran au centre de l’échiquier nucléaire mondial. Un rappel historique qui ne manque pas de sel aujourd’hui.
Le joli scoop de Thierry Boccon Gibod !
Photographie Thierry Boccon Gibod / Sipa press
Photographie Thierry Boccon Gibod / Sipa pressaz, Alireza et Leila Pahlavi en 1976.
Photographie Thierry Boccon Gibod / Sipa press1101071217
Photographie Thierry Boccon Gibod / Sipa press
Photographie Thierry Boccon Gibod / Sipa press
« Jacques Chirac en 1975, qui est premier ministre, me présente à Amir Abbas Hoveida (1919 – 1979), alors premier ministre Iranien. La rencontre se passe dans la Caravelle officielle ou je suis le seul photographe » se souvient Thierry Boccon Gibod.
« Je saute sur l’occasion pour demander à Amir Abbas Hoveida de m’aider à réaliser un reportage exclusif sur l’Iran avec la possibilité de rencontrer le Shah et la Shabanou. La réponse est instantanément positive ! »
« L’année suivante, je suis invité à visiter plusieurs villes et régions en Iran. Pendant les 15 jours de mon séjour, mon interlocuteur-guide et, officier de sécurité me dit d’être prêt à tout moment à me rendre quelque part sans préavis… Finalement, sans aucune préparation, je me retrouve face au Shah et à Farah Diba, la Shabanou ! Mon projet de photographier leurs 4 enfants en toute liberté leur parait une super idée ! »
« J’ai ainsi réalisé un reportage exclusif avec le Prince héritier Reza Pahlavi et ses 3 frères et sœurs : Farahnaz, Ali Reza, Leila ; dans les jardins du Palais de Niavaran à Téhéran. . 50 ans après il ne reste plus que Reza et sa soeur Farahnaz »

Paris, le 21/02/2023 -Le prince Reza Pahlavi, à Paris, fait campagne contre la république islamique. Le prince Reza est le fils exilé du défunt Mohammad Reza Shah, renversé lors de la révolution islamique de 1979 menée par l’ayatollah Khomeini.
Photographie Alfred Yaghobzadeh / Sipa press
Note : Eurodif – Fondé en 1973 sous l’impulsion de la France pour briser le monopole américain sur l’enrichissement de l’uranium, le consortium Eurodif (regroupant la France, la Belgique, l’Italie, l’Espagne et l’Iran à partir de 1975) a constitué le pilier de l’indépendance énergétique européenne durant les années 70. Ce projet industriel colossal a mené à la construction de l’usine Georges-Besse au Tricastin, un site si énergivore qu’il a nécessité l’édification simultanée d’une centrale nucléaire dédiée de quatre réacteurs pour alimenter ses compresseurs de diffusion gazeuse. Entre le financement stratégique d’un milliard de dollars obtenu du Shah d’Iran et les prouesses de génie civil, la décennie s’achève par une réussite technique majeure : la production des premiers kilogrammes d’uranium enrichi en 1979, année où l’usine devient opérationnelle malgré les bouleversements de la Révolution iranienne.
- L’Œil de l’info
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