)L’Amandier de Saint-May. Drôme, France. 2009
Les moines avaient du flair pour installer leurs abbayes dans des endroits où la vue est superbe. En créant ces petits paradis sur terre, sans doute voulaient-ils nous allécher, nous présenter une anticipation de ce qui nous attendait dans l’au-delà, à condition toutefois de bien nous comporter sur cette terre.
Un endroit que j’affectionne tout particulièrement est une abbaye abandonnée pas loin de chez moi, l’abbaye de Bodon sur le plateau de Saint-May. Entourée de champs de lavande odoriférants, survolée par les vautours fauves, l’abbaye recueille tout le silence des collines des Baronnies qui l’entourent. En photographiant le paysage que l’on voit depuis l’abbaye, j’avais été motivé par la beauté du lieu et par le fait qu’y étaient présents les quatre arbres emblématiques du Sud : un amandier, un petit olivier, un cyprès et un pin parasol. L’essence des essences du monde méditerranéen. Un paysage simple, serein, dénué de toute inquiétude. Il a suffit d’un rayon de soleil qui a silhouetté l’amandier pour qu’il se détache, qu’il tende ses bras vers le ciel, telle une créature mouvante, hurlante et fantasmagorique. .
Texte et photographie François Le Diascorn