Paul Kodjo (1939 – 2021)
Paul Kodjo (Cote d’ivoir, Abidjan, 4 juillet 1939 – 7 août 2021) est un photographe ivoirien considéré comme l’une des figures fondatrices de la photographie en Côte d’Ivoire. Né d’un père ivoirien et d’une mère ghanéenne, il passe une partie de son enfance au Ghana après le décès de sa mère, avant de revenir à Abidjan. Il commence sa carrière comme photographe au Ghana, puis part en France dans les années 1960, où il étudie le cinéma et travaille comme correspondant pour Fraternité‑Matin. Il est l’un des rares photographes africains à documenter les événements de Mai 1968 à Paris . En 1970, il retourne en Côte d’Ivoire et devient photojournaliste. Il fonde une agence de presse et développe une œuvre personnelle centrée sur la jeunesse abidjanaise, les nuits urbaines et les transformations sociales du pays après l’indépendance. Ses images, souvent en noir et blanc, témoignent de l’effervescence culturelle des années 1970 et d’une modernité ivoirienne en pleine construction. Il crée également des photo‑romans pour le magazine Ivoire Dimanche, mêlant narration et esthétique cinématographique . En 1973, il reçoit le Grand Prix de reportage photographique international. Dans les années 1990, il cesse la photographie et s’installe au Ghana. Ses archives — environ 30 000 négatifs — sont retrouvées et restaurées à partir de 2008 par le photographe Ananias Léki Dago, qui sauve environ 10 % des images et contribue à la redécouverte de son œuvre. Le musée du Quai Branly acquiert en 2018 un ensemble de tirages restaurés, confirmant l’importance patrimoniale de son travail . Son œuvre est aujourd’hui reconnue comme un témoignage majeur de l’histoire sociale, culturelle et urbaine de la Côte d’Ivoire post‑indépendance. Il est souvent qualifié de « père de la photographie ivoirienne » .
