Notre enfant a sauvé notre amour, 1971. Photo: Paul Kodjo

« Paul Kodjo: Photoromance » exposé à Croisière est la première grande exposition en France du photographe ivoirien. Une découverte. A voir jusqu’au 4 octobre 2026.

L’exposition se concentre sur la production du photographe à son retour à Abidjan en 1970 après avoir passé trois ans à Paris où il a exercé la profession de photo reporter. En Côte d’Ivoire, il fonde l’agence MAMEDIS (Mass Media Service) qui se spécialise rapidement dans la réalisation de romans-photos. Publiés dès 1971 dans l’hebdomadaire Ivoire Dimanche, les bleuettes épousent les codes des productions européennes et notamment italiennes. Intrigues amoureuses, jalousie, trahison, rebondissements. Les épisodes tiennent le lecteur en haleine.

Par ailleurs directeur de la photographie dans l’audiovisuel, Paul Kodjo se distingue aussi par la qualité de ses cadrages très cinématographiques tout en se faisant le miroir des transformations sociales et économiques du pays au cours du « Miracle ivoirien », période de prospérité des années 1960-1970 qui favorise le dynamisme culturel du pays. Le photographe capte aussi l’effervescence des nuits festives d’Abidjan, la drague dans les dancings, les modes vestimentaires . À la différence d’un Seydou Keita ou d’un Malick Sidibé, il n’a pas connu la reconnaissance du grand public. Cet oubli est en parti réparé grâce au travail de restauration et de valorisation du photographe ivoirien Ananias Léki Dago, conseiller scientifique de l’exposition qui a accompli un formidable travail.

Paul Kodjo: Photoromance à Croisière jusqu’au 4 octobre 2026

Isabelle Stassart
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