Gladys Kwakor Owoo, employée à Alsalso House, Ever Young Studio, Jamestown, Accra, 1957. photo: James Barnor

Le 6 mars 1957, après plus d’un siècle de domination britannique , le Ghana ancienne « Gold Coast », Côte-de-l’Or, proclame son indépendance, une première pour un pays d’Afrique noire. L’État s’empare de la photographie pour élaborer l’image de la jeune nation. L’exposition «Ghana ! Rêver l’indépendance» présentée au Palais de l’Archevêché revient sur la construction de l’identité du nouvel État. A voir jusqu’au 4 octobre 2026.

En 1957, Kwame Nkrumah devient président et constate l’ampleur du retard qu’accuse le pays en termes de développement économique et social. Le modèle socialiste qu’il tente de développer est une référence pour plusieurs nations africaines qui obtiennent leur indépendance au cours de cette période. « Côte de l’Or morte, vive le Ghana «  titre Paris Match, photos à l’appui. Magazines illustrés, billets de banque, timbres poste et cartes postales véhiculent les symboles de la modernisation du pays. Deux photographes américains Paul Strand et Willis E.Bell sont invités par le Président à documenter le pays. Chacun publiera un livre « Ghana, an African Portrait »(1976) et « The Roadmakers »(1961). 

L’exposition est aussi l’occasion de retrouver le maître James Barnor, figure tutélaire de la photographie Ghanéene qui continue d’inspirer des générations d’artistes, déjà exposé à Arles en 2022. Il documente ici le travail des femmes, infirmières, employées, policières. Elles peuvent enfin accéder à l’instruction et exercer leurs métiers. Cet ensemble met aussi en lumière les artistes contemporains ghanéens comme le jeune Carlos Idun-Tawiah dont l’une des photos illustre l’affiche des Rencontres d’Arles. Il reconstitue par des mises en scène délicieusement désuètes les lendemains optimistes de l’indépendance. Denyse Gawu-Mensa, trente et un an a cousu six cents portraits issus des albums de son grand père et les a assemblés dans une tapisserie grand format pour rendre hommage aux anciens. Les regards des la jeune génération tout comme ceux de leurs prédécesseurs livrent une vision du Ghana aux antipodes de l’imagerie coloniale et c’est assez réjouissant.

« Ghana! Rêver l’indépendance » au Palais de l’Archevêché jusqu’au 4 octobre 2026

Publication : Ghana ! Rêver l’indépendance, 1957-1976, Atelier EXB, 2026.

Isabelle Stassart
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