Dernière révision le 2026/06/15 a 6:33

Photographie Gilles Walusinski
C’est généralement par le pont Faidherbe, unique point de passage vers l’île‑ville de Saint‑Louis du Sénégal, que le visiteur découvre l’ancienne capitale coloniale. Ce pont porte le nom de Louis Léon César Faidherbe, polytechnicien natif de Lille, officier du Génie, qui fut gouverneur du Sénégal de 1852 à 1865.
Construit par la Société de Levallois‑Perret, ex‑société Eiffel, ce pont donna lieu à différents mythes qui perdurent encore dans quelques guides touristiques. Le pont aurait été construit pour le Danube, puis pour être installé en Indochine, et « détourné » vers le Sénégal. La réalité est toute différente : il a été fait pour Saint‑Louis du Sénégal grâce à un emprunt.
C’est un pont impressionnant du type « pont‑tournant », construit en treillis d’acier, d’un poids total de 1 300 tonnes. Sa construction durera de 1894 à 1897. Il est inscrit depuis 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. D’une longueur de 506 m, le pont Faidherbe se distingue par une travée mobile manœuvrable à la main qui permet le passage de la navigation fluviale. En 2002 et en 2005, il a fait l’objet d’études pour sa réhabilitation complète.
L’objectif des travaux de réhabilitation est de donner à l’ouvrage une pérennité au moins trentenaire. Mais ces travaux doivent prendre en compte des contraintes importantes puisque ce pont est le seul qui relie l’île au continent. Le pont est dans un site classé « Patrimoine mondial ». Il s’est avéré nécessaire de maintenir la forme architecturale.
Un regard, pour un pont et ses quartiers
C’est dans ce cadre que Gilles Walusinski a été missionné en 2007 par le Centre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO pour réaliser un état des lieux des espaces publics et du pont Faidherbe, avant reconstruction par l’Agence Française de Développement. Les travaux se terminent actuellement, l’inauguration devant avoir lieu cet été.
Gilles Walusinski n’est pas un novice en la matière. Il a débuté en photographie en 1970 et mené de front un travail personnel mêlant la photographie de reportage et la photographie de paysage. À partir de 1979, il collabore régulièrement à L’Architecture d’Aujourd’hui et à de nombreuses autres publications internationales d’architecture. Ce travail sur l’architecture contemporaine est traité avec le même esprit que le travail sur le paysage.
Complétons ce très — et trop — rapide portrait par des activités incessantes et obstinées pour défendre les intérêts des photographes et le patrimoine photographique français. Ami d’André Kertész, d’Henri Cartier‑Bresson, de Roger Pic, de Jean Lattès et de beaucoup d’autres photographes, il a été — entre mille autres activités — un « militant » de l’Association Nationale des Reporters Photographes et Cinéastes (ANJRPC).
Sa dernière mission est, pour le département de la Côte‑d’Or, la réalisation d’un état des lieux sur quatre saisons des dix villages et du site de la bataille d’Alésia, qui comme chacun sait vit la défaite de Vercingétorix face aux armées de Jules César.






