Commandant Monte Melkonian- Shahoumyan, Haut Karabagh- 1992
Photographie Armineh Johannes

Au Musée de l’Histoire d’Arménie d’Erevan, du 27 mai au 22 septembre 2026, Armineh Johannes expose 110 photographies, noir et blanc et couleur, à l’occasion des célébrations du 35ᵉ anniversaire de l’indépendance et de la sortie de son premier livre We Are Our Mountains.

Les photographies exposées se concentrent sur les premières années de la transition vers l’indépendance, mais également sur les années qui suivent, soit un an après le terrible tremblement de terre. Beaucoup de ces images ont été réalisées lorsque Armineh s’est rendue pour la première fois dans le pays de ses ancêtres. On y trouve également des images du conflit du Haut‑Karabakh.

« Je suis née à Téhéran, en Iran, de parents arméniens. Après avoir terminé mes études secondaires, j’ai déménagé en Angleterre, où j’ai obtenu un diplôme de journalisme. J’ai ensuite poursuivi mes études à l’Université d’Aix‑Marseille, en France, où j’ai obtenu une licence d’Histoire, puis une licence d’Anglais à l’Université de la Sorbonne.

Pendant la Révolution iranienne (1979–1980), j’ai travaillé comme reporter à Téhéran, en collaborant avec CBS Television, ABC Television, le Daily Telegraph, Die Zeit et UPITN. Parallèlement, avec quatre collègues, j’ai cofondé le quotidien Tehran Times, où j’ai exercé le métier de journaliste jusqu’à ce que les autorités prennent le contrôle du journal à la fin de l’année 1980.

Ma carrière de photographe a commencé en 1986, lors d’une mission dans le Haut Atlas marocain. Depuis, mon travail s’est principalement concentré sur le Moyen‑Orient et les pays de l’ex‑Union soviétique. En 1989, un an après le dévastateur tremblement de terre en Arménie, j’ai voyagé pour la première fois sur la terre de mes ancêtres. Cette visite, profondément émouvante, a marqué le début d’un engagement à vie pour documenter la vie et la culture arméniennes.

La même année, je me suis rendue en Artsakh (le nom arménien pour le Haut‑Karabakh) pour couvrir le premier conflit du Haut‑Karabakh. J’ai fait partie des rares photojournalistes à atteindre le village de Getashen et d’autres localités de la région du Shahoumyan, peu avant l’Opération Anneau en 1991. Depuis, pendant des décennies, je suis retournée régulièrement en Arménie et en Artsakh pour témoigner de la résilience, des traditions et de la vie quotidienne des Arméniens.

Mes reportages photographiques documentaires ont été largement publiés dans la presse internationale, notamment dans le Los Angeles Times, le Washington Post, Newsweek, Le Monde, Libération, L’Express, UN Multimedia, Marie Claire, Asahi Graph et bien d’autres. En février 1990, Le Monde a consacré une pleine page à mon travail.

En 1997, j’ai décidé de vivre un an en Arménie afin de m’immerger dans sa culture, ses traditions et son mode de vie. Cette année en Arménie reste l’une des expériences les plus enrichissantes de ma vie.

Au cours des trois dernières décennies, j’ai continué à documenter les Arméniens en Arménie, en Artsakh, au Moyen‑Orient et à travers la diaspora, tout en réalisant des reportages dans des pays tels que l’Iran, la Syrie, l’Égypte, le Liban, la Jordanie, les Émirats arabes unis, la France, le Royaume‑Uni, les États‑Unis, l’Italie, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et la Géorgie.

Je crois que les photographies les plus puissantes naissent d’une véritable connexion avec le sujet. Cette relation permet aux émotions de se révéler dans les images, leur donnant plus d’authenticité et d’humanité. J’aime les gens et j’éprouve une grande joie à capturer l’essence de la vie quotidienne. Trois fois au cours de ma carrière, j’ai été si émue en photographiant que j’ai pleuré — et chacune de ces fois a eu lieu en Arménie.

Mon travail en Arménie et en Artsakh demeure le plus profond et le plus émouvant de ma carrière. »

Pour en savoir plus

We Are Our Mountains, Armineh Johannes
Four Eyes Editions – Parution avril 2026
ISBN : 2487326204 – 58 €

Le livre chez l’éditeur
Portfolio de la photographe

 

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