
Autoportrait au Chapeau Noir. Jonchères, France. 2022 Je fais partie de ceux qui n’aiment pas être pris en photo. À vrai dire, le fait d’être photographié m’indiffère à la condition de ne pas en voir le résultat. Cela doit être le reste d’un complexe d’adolescent quand je fuyais les miroirs. Alors suis-je masochiste en faisant maintenant des autoportraits ? Eh bien, non ! Car être photographié par les autres ou se photographier soi-même n’a rien de similaire. Dans le denier cas, on contrôle son image. Et mon image, en vieillissant, j’ai fini par l’aimer, cette allure d’auguste vieillard à la barbe blanche et aux rides soi-disant pleines de dignité et de sagesse. Un trompe-l’œil bien sûr. S’il y a un message dans cet autoportrait c’est que le photographe se doit de posséder beaucoup plus que ses deux yeux (et donc encore plus que le fameux troisième œil de la clairvoyance.) Avoir des yeux supplémentaires, cultiver un regard à soi, voir ce que les autres ne voient pas. S’efforcer en tout cas de le faire, même si on n’y réussit pas toujours.
Texte et photographie François Le Diascorn




