
Domaine La Casenovede 1991, un des traditionnels déjeuners de photoraphes chez Etienne Montès.
Photographie Thomas <Haley
À l’occasion des éditions de Visa pour l’Image, et à l’invitation de Frédérique et Étienne Montès, les photographes « happy few » se retrouvaient pour un déjeuner arrosé des meilleurs crus du Domaine de La Casenove. Frédérique Montès se souvient de la première édition de Visa.
Photographie Thomas <Haley
Photographie Thomas <Haley
Photographie Thomas <Haley
Photographie Thomas <Haley
Photographie Thomas <Haley
Je rencontrais, en 1989, Jean‑François Leroy par l’intermédiaire de celui qui allait devenir mon mari, Étienne Montès, qui me demanda si j’avais la possibilité de récupérer la clé de la Casa Xancho[i], qu’en tant qu’agent immobilier j’avais à la vente. Nous devions dîner avec un garçon qui, voulant créer un festival de photo, cherchait des lieux pour les expositions, et notamment cette demeure dont on lui refusait la visite. Autant dire que lorsque nous nous sommes attablés et que je lui ai tendu l’enveloppe contenant le précieux sésame, il resta — selon une de ses expressions — « speechless ! »
Visa, personne n’y croyait alors à Perpignan ! Tout était très compliqué : rénover « à la va‑comme‑je‑te‑pousse » les Minimes, accrocher jusqu’à 2 h du matin à la chapelle Saint‑Dominique, obtenir des clous nécessitait une demande en trois exemplaires. Pas de voiture, ou si peu. Ma vieille Citroën LN servait de camionnette et de « berline » pour aller chercher certaines célébrités à l’aéroport. Le fax de mon bureau fut lui aussi mis à contribution… Bref, on ne pouvait compter que sur les bonnes volontés et la débrouille. Mais Jean‑François Leroy, Michel Decron et Sylvie Grumbach étaient réactifs et les rois de l’impro.
Cette première édition fut une fête. Les photographes et autres journalistes arrivaient du monde entier à l’hôtel Pams, heureux de se retrouver. Jean‑François ne savait où donner de la tête : tous voulaient le saluer, alors qu’il ne touchait pas terre. Son binôme, Alain Tournaille, non plus.
Il y avait peu d’agences : Gamma, Sygma et Sipa Press pour les plus célèbres. Canon était présent, ainsi que les journaux National Geographic, Photo et bien sûr Paris‑Match. Le bar était offert grâce aux sponsors, dont le Domaine de La Casenove (ndlr : propriété de la famille Montès).
Durant la projection à la chapelle Saint‑Dominique, pour cause de pluie, Jean‑François Leroy et Jean Lelièvre devenaient hystériques parce que les diapos brûlaient si elles étaient projetées trop longtemps.
Seule la Casa Sansa[ii] restait ouverte jusqu’à tard, très, très tard — pour accueillir les festivaliers après les projections. (Merci à Jean‑Marie Pujade). Une énergie, une effervescence émanaient de ces soirées ! Un beau brouhaha ! Cela devait s’estomper avec les années avec moins de spontanéité.
La cerise sur le gâteau fut le déjeuner du dimanche à La Casenove, pour décompresser. Le calme après la tempête.
Une anecdote pour démontrer l’importance de ce qu’a pu apporter Jean‑François à Perpignan : un jour, un chauffeur de taxi, à qui il voulait régler la course, lui dit : « Monsieur Leroy, avec ce que Visa m’a fait gagner comme argent avec tous les festivaliers, c’est cadeau ! »
Visa pour l’Image a fait connaître Perpignan autrement qu’un point sur la carte météo. C’est un fait indiscutable. Et un rendez‑vous attendu chaque année par les passionnés de photojournalisme du monde entier qui devinrent des habitués.
NOTES
- [i] La Casa Xanxo est l’un des plus célèbres monuments historiques de Perpignan, situé au cœur du centre historique (8 rue de la Main de Fer). Érigée entre 1506 et 1508 par le riche marchand drapier Bernat Xanxo, cette demeure exceptionnelle est un magnifique témoin de l’architecture gothique catalan
- [ii] La Casa Sansa est une véritable institution culinaire située au cœur du centre historique de Perpignan, célèbre pour sa cuisine traditionnelle catalane depuis sa création






