Tchernobyl – Photographie Gerd Ludwig

La 38ᵉ édition du festival international de photojournalisme s’ouvrira le 29 août 2026 à Perpignan. Au menu du pré‑programme, des stars françaises : Raymond Depardon, Laurent Ballesta ; et des conflits actuels : le Soudan, le Liban, la Sierra Leone, ou encore les 40 ans de Tchernobyl… Beaucoup de vraies images à voir sur place.

« 2026 a commencé sur une fausse photographie : le président vénézuélien Nicolás Maduro y apparaît entouré de deux marines, menottes aux poignets. Des médias respectables et des journalistes biberonnés aux réseaux sociaux, qu’ils finissent par considérer comme une source d’information, se sont laissé berner. » constate Jean‑François Leroy en ouverture de son traditionnel éditorial, avant d’ajouter :

« Mais paradoxalement, la révolution de l’IA et ses conséquences sont peut‑être la plus belle opportunité que le journalisme a de se sauver. Puisque ces modèles, pour être efficaces, doivent être nourris de données fiables, récentes, vérifiées, qui de mieux placés que les professionnels de l’information pour le faire ? »

On voudrait pouvoir partager l’optimisme de cet irréductible défenseur des « vieux médias », comme les nomme le patron de ce « vieux festival » !

Hélas, force est de constater que ces « vieux médias » ne cessent de faire la publicité des réseaux dits sociaux — pire, de les légitimer — tandis que les cost killers des grands groupes de presse ne cessent de faire baisser, par les agences, les prix au kilo des photos.

« Ces “vieux médias” partagent avec nous, “vieux festival”, cette orthodoxie que nous continuons de défendre et de célébrer. » ajoute Jean‑François Leroy. « Avec leur influence, leur légitimité, leur pouvoir, ils sont les derniers remparts contre les fossoyeurs du réel qui ne rêvent que d’une chose : les abattre ou s’en emparer pour faire fructifier leurs discours – et surtout leurs affaires. »

Hélas, on vient, en pleine guerre en Ukraine, juste célébrer « la victoire du 8 mai 1945 » en attendant celle de « la grande guerre patriotique » vue par les russes, force est de constater que nombre de ces « vieux médias » tombent les uns après les autres dans les escarcelles des extrêmes‑droites européennes. Pire : les médias encore « indépendants » sont eux aussi gangrenés par l’air du temps, par la corruption du langage de l’époque, par la perversion visuelle d’images frelatées.

L’Œil de l’info sera, une fois de plus, à Perpignan, pour se rincer l’œil aux expositions et aux projections du Campo Santo, en compagnie d’une multitude de jeunes gens qui portent l’espoir d’un photojournalisme toujours d’actualité.

Télécharger le pdf du pré-programme

Site officiel de Visa pour l’image

 

Michel Puech
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