Série « Hakanai Sonzai ». Photo: Pierre-Elie de Pibrac

Invitation au voyage avec une réflexion sur la tension qui peut s’établir entre corp s social et individualité au Japon et sur le déclin du travail de la canne à sucre à Cuba et ses conséquences sociales. A voir à Toulouse, à la galerie du Château d’eau et à la chapelle des Cordeliers,  jusqu’au 30 août 2026.

Le travail de Pierre-Elie de Pibrac est exposé à deux endroits à Toulouse : le Château d’Eau et la chapelle des Cordeliers. Dans le premier lieu, présentation d’un projet photographique anthropologique réalisé au Japon visant à révéler les fragilités humaines dans une société régie par la discipline collective et où les émotions sont rarement exprimées. À travers une enquête immersive, il est allé à la rencontre de personnes aux parcours singuliers, rescapés de Fukushima, reclus volontaires (les « hikikomori »), yakuzas ou disparus volontaires (les « évaporés ») et a recueilli leurs témoignages sur leurs inquiétudes, leur solitude et leur rapport au monde. Réalisés à la chambre photographique, ses portraits explorent des thèmes universels comme le temps qui passe, la mélancolie et la quête d’identité. Inspirée par le concept japonais de mono no aware, sensibilité pour l’éphémère et empathie envers les choses, l’exposition mêle grands portraits en couleur et photographies en noir et blanc influencées par l’esthétique japonaise, offrant une réflexion sensible sur la culture nippone et la fragilité de la condition humaine.

Autre lieu, autre pays, même auteur à la chapelle des Cordeliers avec « Desmemoria », exploration de l’héritage du sucre à Cuba, longtemps élément essentiel de l’économie, de la culture et de l’identité du pays. Entre 2016 et 2017, le photographe a partagé la vie des azucareros, ouvriers du sucre dont le métier disparaît après la fermeture massive des sucreries consécutive à la chute du bloc soviétique. À travers des portraits et des scènes de vie, il montre les conséquences humaines de ce déclin économique : précarité, abandon et perte de repères. Mêlant approches documentaire et artistique, ce travail interroge la mémoire, la disparition et les transformations sociales dans une réflexion sur les traces laissées par l’Histoire et sur un monde en voie d’effacement.

Expositions Pierre-Elie de Pibrac, galerie du Château d’eau et chapelle des Cordeliers, Toulouse, jusqu’au 30 août 2026

 

Gilles Courtinat
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