Raymond Depardon à son exposition à l’église des Dominicains. Photographie Jean-Christophe Milhet / Hans Lucas

Raymond Depardon à son exposition à l’église des Dominicains.
Photographie Jean-Christophe Milhet / Hans Lucas

En direct de Perpignan – Pour la première fois, VISA expose les photos emblématiques des reportages réalisés pour couvrir l’actualité nationale et internationale d’un des photojournalistes et cinéastes français les plus importants de sa génération.

84 photos exposées en référence aux 84 ans d’un grand monsieur de la photographie qui est exposé à Visa pour la première fois. La rétrospective qui lui est consacrée présente les grandes séries qu’a pu produire l’auteur pendant sa carrière de photojournaliste : guerre du Vietnam,  chute du mur de Berlin, Afghanistan, Biafra, Chili, guerre du Liban, Auschwitz, campagnes électorales, Afrique, Jeux olympiques, sans oublier la photo iconique de la prise d’otages lors des Jeux olympiques de Munich en 1972.

On pourrait se demander pourquoi cela ne lui est pas arrivé plus tôt d’être à l’affiche de Visa pour l’image et quand on lui pose la question, il répond avec un petit sourire :

« Je ne me sentais peut-être pas encore assez bon photographe, il fallait que je progresse encore ». Et il rajoute: « On a jamais trop été branché sur les festivals. Il y avait celui d’Arles à l’époque mais c’était plus du fine art et ce n’était pas trop ma tasse de thé. Et puis, il y avait cette idée que d’exposer dans un festival allait nous porter malheur. »

A propos des photographes de la nouvelle génération, Raymond Depardon les trouve « très courageux, ce sont des héros. Ils restent longtemps sur un sujet et ils sont modestes en plus. C’est très difficile de nos jours de se faire un nom. » Quand à quel sujet il voudrait faire s’il était encore reporter, la réponse fuse sans tarder :

« Ceuta ! J’ai été très impressionné par ce qu’il s’y est passé. Il y a des photos remarquables à faire. Mais il ne faut pas les faire au téléobjectif, il faut être dedans, avec eux. J’ai vu des gamins accrochés aux rochers pour traverser. Ils criaient leur misère. »

Recevant un Visa d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, il s’est exclamé :

« On n’est plus payé, on n’a plus d’argent. Ça veut dire que la presse n’a plus d’argent pour acheter des photos (…) Mais mon Dieu, mon Dieu, pourvu qu’il y ait un peu d’argent pour pouvoir continuer à faire des photos. Elles sont tellement importantes, ces photos. »

NOTE : Raymond Depardon a collaboré a l’agence de presse Dalmas jusqu’en 1966, puis à Gammaa dont il fut cofondateur (1967 – 1978)  et, enfin, à Magnum Photos.

Exposition Raymond Depardon, Reporter / Photographe,  Église des Dominicains

 

Gilles Courtinat
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