Après une attaque israélienne, un homme emporte ce qu’il reste de ses affaires dans les décombres de sa maison. Beyrouth, Liban. Photographie: Diego Ibarra Sánchez pour The New York Times

En direct de Perpignan – Visa pour l’Image place une nouvelle fois les guerres du Proche et du Moyen-Orient au centre de sa programmation. Quatre expositions portent leurs regards sur Gaza, l’Iran, la Syrie et le Liban dans les différentes facettes d’un même paysage de violence.E

Distribution de repas, Gaza. Photographie: Khames Alrefi

Gaza par Khames Alrefi

Civils : les premières victimes

À Gaza, Khames Alrefi pose la question : comment vivre lorsque la guerre a détruit les conditions mêmes de la vie ? Faim, déplacements, bombardements, deuil, son travail place les civils au premier plan et ses photographies témoignent du drame qui se joue là.

Cimetière de Behesht-e Zahra, banlieue de Téhéran. Photographie: Hashem Shakeri

L’Iran par Hashem Shakeri

Iran, le cycle de la guerre

L’exposition documente l’Iran après les frappes israéliennes et américaines du 28 février 2026, alors que le pays sort à peine d’une précédente guerre et d’une période de répression politique. Internet coupé, population confinée, incertitude permanente,  la guerre n’est pas seulement celle des missiles, elle est aussi celle de l’information et de l’enfermement d’une population qui subie la violence.

Un enfant devant un mur criblé de balles dans le camp de déplacés internes du stade de Tabqa, Syrie. Photographie: Philémon Barbier / Hors Format pour Al-Jumhuriya

La Syrie par Philémon Barbier

Syrie : l’aube des cendres

Le 8 décembre 2024, le régime de Bachar al-Assad s’effondre après treize années de guerre. Les images de Philémon Barbier rappellent une évidence que l’actualité oublie vite : la fin d’un régime ne signifie pas la fin des traumatismes. Le pays reste fracturé, les communautés restent méfiantes dans ce qui pourrait ressembler une paix incertaine.

Le Liban par Mohammad Yassine et Diego Ibarra Sánchez

Deux photographes, deux temporalités, deux écritures pour raconter un même pays qui semble condamné à revivre perpétuellement une même histoire. Mohammad Yassine, qui photographie le Liban depuis dix-sept ans pour L’Orient-Le Jour, documente la nouvelle guerre déclenchée le 2 mars 2026. Son titre, La guerre de trop, dit tout : pour une population déjà épuisée par les crises successives, cette nouvelle confrontation constitue une insupportable répétition. Diego Ibarra Sánchez propose avec La dernière guerre, Liban 2015-2026 un regard plus large, sur une décennie marquée par l’instabilité et les conflits. Sujet élargi aux rapports entre le Hezbollah, l’État libanais, Israël et la population civile.

 

Gilles Courtinat
Soutener un autre modèle de média : indépendant, à but non lucratif, et en accès libre. Faire un don !