Guerriers Fano, massif du Lasta, l’un des foyers de l’insurrection qui secoue la région Amhara, en Éthiopie. <br>Photographie Robin Tutenges / Hors Format

Guerriers Fano, massif du Lasta, l’un des foyers de l’insurrection qui secoue la région Amhara, en Éthiopie.
Photographie Robin Tutenges / Hors Format

En direct de Perpignan – Une phrase revient souvent dans les conversations des visiteurs de Visa pour l’Image : « Ce qui est bien ici, c’est qu’on peut voir des choses qui ne sont pas montrées à la télévision ou dans la presse ». Et c’est bien là la particularité de la manifestation : montrer le monde tel qu’il est et que, sans cela, nous ne pourrions pas connaître

« Le devoir de regarder », c’est le titre du récent livre de Jean-François Leroy cofondateur du festival, décédé ce lundi 31 aout , formule qui résume bien la vocation de la manifestation. On pourrait dire que l’on nous présente notre planète sous son plus vilain jour, mais c’est l’essence même de ce festival, donner à voir ce que l’on ne nous montre peu ou jamais, faire le constat sur l’état du monde. Ca peut être moche, violent, parfois à la limite du supportable, mais jamais avec une quelconque complaisance.

Ces expositions sur les guerres, crises politiques, catastrophes, questions sociales et environnementales nous permettent de voir les choses en face et d’être informés de ce qui se passe plus ou moins loin de chez nous. C’est la valorisation du témoignage, de l’enquête et du temps long du reportage. C’est une pause dans le rythme effréné de l’actualité pour donner à réfléchir et aller au-delà de l’interminable litanie de faits divers ou de vie des « people » dont les médias sont coutumiers.

25 expos gratuites,

17 prix et bourses, pour un montant de 150 000 €

Visa pour l’image, c’est aussi 17 prix et bourses, pour un montant de 150 000 euros, soutien concret à la profession de photojournaliste qui, disons-le tout net, en a bien besoin. En plus des 25 expositions toutes gratuites, c’est aussi des conférences, des lectures de portfolios, des soirées de projection. Enfin c’est une manifestation populaire qui attire plusieurs centaines de milleirs de visiteurs à chaque édition.

Alors allons à Perpignan voir ces images qui font réfléchir et nous y retournerons les années suivantes, n’en doutons pas. Pour celles et ceux qui ne pourront pas être présents à Perpignan en septembre, il sera possible de visiter virtuellement la majorité des expositions sur le site Internet de Visa pour l’Image.

Le devoir de regarder de Jean-François Leroy en dialogue avec Isabelle Fougere. 224 pages -19,00 €

Commande en ligne à MkF éditions 1, rue Maison Dieu75014 Paris

Ce livre est labellisé Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture et s’inscrit dans la programmation officielle du Bicentenaire du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027. Ce livre a pu voir le jour grâce au soutien généreux de Douglas et Françoise Kirkland.

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Gilles Courtinat
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