
Photographie Marcel Bascoulard Vers 1948
Pour sa saison d’été, le Musée de la Photographie de Charleroi nous propose jusqu’au 27 septembre 2026, encore une fois, une programmation variée et de qualité où tout le monde trouvera de quoi satisfaire sa curiosité.
Quatre expositions à l’affiche. Tout d’abord « Eclats de famille » qui regroupe le travail de onze photographes belges ou vivant en Belgique qui se sont confronté à la photo de leurs propres familles multipliant les regards sur un thème aussi vieux que la photographie. Constitution d’une archive visuelle des siens, témoignage de l’intimité relationnelle, images de joie simples, transformation de son enfant au fil du temps, autant d’approches différentes pour un sujet d’apparence banale mais qui se révèle être d’une riche complexité.
Loin des cartes postales ensoleillées Vincent Catala présente un Brésil autre, fruit d’un travail au long court centré sur les villes de Rio, Sao Polo et Brasilia. Portrait de territoires entre deux, ni riches, ni pauvres, lieux sans frontières ni centres où le sentiment d’isolement n’est pas seulement géographique, mais aussi subjectif, évocation permanente de l’insularité.
Autre approche tout à fait surprenante avec les images du français Marcel Bascoulard (1913 – 1978) dont l’existence hors du commun, est marquée par une quête artistique et personnelle tout à fait étonnante. Installé à Bourges, ville qui tolère ses excentricités, il a illustré ses rues à l’encre de Chine et au pinceau, parcourant ses quartiers sur un tricycle bancal. On sait peu de choses de sa vie. Pourquoi cet homme, qui troquait ses oeuvres contre de la nourriture sans chercher à les exposer, s’est-il tourné vers la photographie et l’autoportrait ? Pourquoi ces tenues féminines qu’il confectionnait lui même qu’il portait au quotidien et devant l’objectif ? Pendant trente ans, il a exploré son image à travers un protocole rigoureux qui reste encore aujourd’hui une énigme.
Enfin, l’italienne Michela Cane s’est intéressée à une autre figure singulière à travers le prisme du véritable culte qui lui est rendu à Naples : Diego Maradona.
« Dans le foot, ce qui m’intéresse, c’est le regard des gens. La passion. Et ça, on la ressent directement à Naples. Je viens du Nord mais j’ai des amis très proches à Naples et j’y vais souvent. Son image m’a beaucoup intéressée, de même que ce qu’il a représenté pour les Napolitains. J’ai réalisé toutes mes images durant la semaine anniversaire de sa mort où des événements ont lieu dans toute la ville. Il y a des célébrations, pas très éloignées des célébrations religieuses. Il est fêté comme un dieu, avec des chants à sa gloire. C’est un vrai culte, une vénération qui unifie les gens les plus divers. Et en même temps, il y a des événements sportifs, une grosse fête au stade, etc.»
Musée de la Photographie de Charleroi, jusqu’au 27 septembre 2026
Dernière révision le 2026/05/29 a 7:16
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