
Vivier de photographes qui, depuis les années 1930, ont contribué de manière magistrale à l’histoire de la photographie à travers le monde, la Hongrie ne pouvait pas manquer le bicentenaire de la photographie célébré en France et en Hongrie jusqu’en septembre 20267.
Depuis le début de ce mois de septembre, Budapest et plusieurs villes hongroises comme Veszprém et Fehérvárcsurgó accueilleront, tout au long de 2026 et 2027, de nombreuses expositions, colloques, publications et rencontres consacrées à des photographes français et hongrois ainsi qu’à l’histoire de l’image.
Pas moins de vingt‑six initiatives dans les grandes institutions de la photo la Maison Mai Manó, le Centre Capa, le Musée national, le Musée Kiscelli sont proposées au public. Selon Matthieu Berton, directeur de l’Institut français à Budapest, elles « témoignent de la remarquable vitalité de la scène photographique hongroise ». Elles permettront aussi de valoriser les collections publiques photographiques, souvent mal exploitées malgré leurs grandes richesses.
« Ces manifestations consacrées à la photographie exaltent la diversité des créations photographiques et de leurs auteurs », souligne Dominique de Font‑Réaulx, présidente du Comité scientifique du Bicentenaire de la Photographie, dans la brochure de présentation. « L’invention de la photographie a profondément modifié notre rapport au monde et à ses représentations. La photographie écrit notre histoire commune, intime et publique, depuis deux siècles », poursuit‑elle.
Ainsi, le public pourra retrouver les photos des grandes figures tutélaires comme André Kertész, Brassaï, Robert Capa, Rogi André, Frank Horvat ou Ervin Marton, dont la plupart se sont exilés à Paris pour fuir le fascisme en Hongrie, mais également plusieurs photographes de différentes générations comme Mathias Depardon, Alain Fleischer, Léo Berne, passés sous le radar de la reconnaissance internationale.
Un symposium, organisé dans le cadre du Budapest Photo Festival 2027, viendra clore ce bicentenaire en revenant sur l’invention même de la photographie. « Le bicentenaire de la naissance de la photographie offre une occasion exceptionnelle de remettre en lumière l’histoire commune entre la France et la Hongrie et de montrer combien elle demeure aujourd’hui encore vivante, inspirante, féconde », souligne Matthieu Berton.
À noter parmi les expositions : – « Zola le photographe » ; « Le hasard pris en flagrant délit », qui présente le côté ludique et ironique de la photographie par René Maltête ; « Au fil du Danube », pour une Europe revisitée tout au long de ce grand fleuve ; « L’anatomie du désir » par Jean‑Loup Sieff ; « Les Français » vus par Janine Niépce.
Le mois d’octobre sera aussi marqué par le 70ᵉ anniversaire de la Révolution de Budapest en 1956. À cette occasion, l’Institut français ouvrira, à partir du 22 octobre, les portes de sa nouvelle salle Vasarely à l’exposition « Les échos en France de la révolution hongroise », qui retracera la chronologie des événements à travers la presse française et ses nombreuses photos.
On pourra poursuivre cette grande balade photographique avec « Le Paris des photographes hongrois », qui s’intéresse à la modernité photographique à Paris dans l’Entre‑deux‑guerres, entre intellectuels de gauche exilés et photographes hongrois (André Kertész, Brassaï, Capa, Rogi André, Ergy Landau, Ylla, János Reismann), notamment à travers les pages de l’hebdomadaire français Vu, fondé et dirigé par Lucien Vogel de 1928 à 1940. Avec plus de 600 numéros et des hors‑séries, il fut le premier magazine à accorder une place centrale à la photographie pour raconter l’actualité tout en étant engagé contre le fascisme, le nazisme et le franquisme en Europe.
Le programme des expositions avec les lieux d’expositions
- Bicentenaire de la photographie
La Hondrie célèbre son patrimoine photographique - 25 septembre 2026 - Hongrie
Les journalistes balancent un pavé sur Orbán - 28 août 2026 - 12 avril 2026
Hongrois rêver ! - 17 avril 2026
