
On a beaucoup entendu parler ces temps-ci des accusations portées à l’encontre de l’auteur d’un roman bien placé pour remporter le prix Goncourt cette année, mais soupçonné d’avoir écrit son ouvrage grâce à l’intelligence artificielle. La montée en puissance du soupçon vis à vis de productions qui seraient réalisées grâce à l’IA envahit de nombreux secteurs, cela de l’image n’étant pas épargné.
Alors que la capacité de l’intelligence artificielle à produire des images d’un grand réalisme ne cesse de progresser, la défiance vis à vis des images suit également une courbe ascendante. Dans de plus en plus de cas, il devient très difficile de savoir si on peut accorder sa confiance à ce que l’on a sous les yeux. Alors authentique ou pas ? Deux exemples récents pour illustrer cette situation.

Occasion à saisir avec vue sur la mer
Le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud en Australie, a récemment introduit de nouvelles règles visant l’utilisation de l’IA et du montage numérique dans la photographie immobilière. Les propriétaires et agents immobiliers doivent maintenant clairement indiquer si les photos dans leurs annonces ont été modifiées numériquement ou générées par l’IA d’une manière qui pourrait donner aux locataires une impression trompeuse de la taille ou de l’état d’une propriété. Dans un communiqué, les autorités ont utilisé, pour présenter ces nouvelles dispositions avec un exemple à ne pas suivre, une annonce pour un appartement près de Sydney où l’on peut voir une image d’une pièce dont les fenêtres donnent sur une plage pourtant située à 12 kilomètres de là. Pas de chance, il s’est avéré que la photo était tout à fait authentique, que la vue litigieuse était en fait une peinture murale représentant ladite plage et était destinée à cacher la vue sur un mur de la cour intérieure visible à travers les fenêtres.

Capture d’écran de la vidéo soupçonnée
Depuis 50 ans, la société Nikon organise un concours de photos à caractère scientifique réalisées par microscope et depuis 2011, récompense également les vidéos. Le vainqueur 2026 de cette dernière catégorie fait l’objet d’une enquête après que des scientifiques aient accusé son auteur d’avoir utilisé l’IA de manière trompeuse. Le débat fait rage entre les experts, l’accusé récuse, Nikon enquête, l’affaire suit son cours.
Comme un poison, le doute s’insinue maintenant partout, à tel point que l’on finit par se demander si une photo authentique n’est pas en fait synthétique et vice versa. D’autant que nombre d’escrocs et de propagandistes ont bien compris l’intérêt que cela pouvait représenter pour leurs activités nauséabondes. Des initiatives techniques et règlementaires existent pour qualifier et garantir l’origine des images, mais le chemin reste encore long avant d’arriver à des solutions simples et efficaces. Nous n’avons donc pas fini de nous poser des questions pour démêler le vrai du faux. Affaire à suivre.
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