Une Histoire parallèle, étude d’après Martin Parr, The artificial beach inside the Ocean Dome, Miyazaki, Japan, 1996 – 2022. Photographie: Brodbeck & de Barbuat

La 23e édition des Photaumnales, organisée à Beauvais et dans plusieurs villes des Hauts-de-France, a pour thème, « La photographie et après ? » et interroge l’évolution du médium à l’heure du numérique, des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle. Le festival rassemble 52 expositions, 55 artistes et 37 lieux avec une forte présence dans les communes rurales du Beauvaisis et du Clermontois.

L’ambition de la manifestation est de mettre en dialogue l’histoire de la photographie et la création contemporaine. Au Quadrilatère de Beauvais, trois axes structurent notamment la programmation : une exposition consacrée à deux siècles de photographie dans le Beauvaisis, une exposition de Stéphane Couturier, et plusieurs projets relevant de la post-photographie. La programmation s’intéresse à la photographie comme matière, mémoire et objet artistique, dépassant largement la simple production d’images. Plusieurs artistes travaillent avec les archives, le collage, la manipulation numérique, les installations, le textile ou les dispositifs immersifs. Le festival revendique ainsi une photographie devenue transdisciplinaire, à la frontière de l’art contemporain.

Parmi les projets présentés figurent notamment ceux de Stéphane Couturier, Nicolas Lebeau, Shinji Nagabe, Cristóbal Ascensio, Arina Essipowitch, Marta Bogdańska. Leurs travaux abordent respectivement la transformation de l’image, la mémoire numérique, les migrations et identités, le rapport avec les animaux, les archives ou encore les nouvelles formes de création photographique. Une place importante est également accordée aux archives et à l’histoire de la photographie. L’exposition « Photographes en Beauvaisis » retrace l’histoire locale du XIXe siècle à l’arrivée du numérique. Le festival s’appuie aussi sur les collections de la Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie, avec des photographes historiques comme Eugène Atget, Denise Colomb, Jacques Henri Lartigue, Médéric Mieusement ou Gilles Caron. Le festival s’installe également dans tout le territoire, un marqueur essentiel de sa programmation.

Les expositions investissent des musées, centres d’art, galeries, parcs et espaces publics à Beauvais, Clermont, Breteuil, Amiens, Berck, Noyon, Chauny et dans de nombreux villages. L’objectif affiché est de rapprocher la photographie des habitants, notamment dans les zones rurales. Plusieurs événements accompagnent les expositions : tournée en bus avec les photographes, des parcours à vélo, visites guidées, conférences, lectures de portfolios, projections et stages de procédés anciens. Le stage organisé à la maison natale d’Hippolyte Bayard propose notamment de redécouvrir cyanotype, papiers salés, albuminés et sténopé. Cette édition 2026 s’inscrit dans le Bicentenaire non pas seulement pour célébrer les 200 ans de la photographie, mais aussi pour poser la question de son avenir. Le festival confronte patrimoine et création contemporaine, photographie documentaire et art contemporain, procédés anciens et technologies numériques, archives et intelligence artificielle. Il défend ainsi l’idée d’une photographie qui, après deux siècles d’existence, ne cesse de changer de forme et de statut.

Les Photaumnales, jusqu’au 29 novembre 2026, Beauvais et Hauts de France

 

Gilles Courtinat
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